Affichage du site avec Internet Explorer

Auteur
Nibau Rui
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Assurer un affichage correct des pages d'un site web sur tous les navigateurs est parfois une gageure, surtout lorsqu'il s'agit d'Internet Explorer, un navigateur obsolète qui ne respecte que partiellement les langages de publication web. Mise au point de ma position sur le sujet.

Depuis la version 4 du site, j'ai décidé de ne plus appliquer de présentation aux pages web via les CSS pour les navigateurs Internet Explorer 6 et 7. Une décision radicale, difficile à prendre dans un cadre professionnel mais que je me permet d'appliquer ici. Je n'ai simplement plus envie de perdre de temps à corriger les « caprices » de ce logiciel.

1. Quels sont les problèmes ?

Les problèmes posés par le navigateur Internet Explorer sont multiples. Les plus importants restent sa mauvaise gestion des CSS, que se soit une interprétation différente des autres navigateurs d'une grandeur quelconque ou l'incompréhension totale de certaines règles de mise en forme.

La plupart de ces erreurs peuvent être corrigées plus ou moins facilement par différentes techniques, qui vont de la simple astuce de code à l'écriture d'une feuille de styles dédiée. D'autres limitations sont moins évidentes à résoudre, comme la transparence des images au format .png, mais quelque soit la manière dont on aborde les choses, il faut constater qu'Internet Explorer n'est pas un bon outil, ni pour faire du développement web, ni pour naviguer sur internet.

2. Se couper d'une majorité des internautes ?

Pourtant, la grande majorité des internautes l'utilise encore, même si la part de marché du navigateur de Microsoft se réduit chaque mois un peu plus.

Donc, considérant qu'environ 67% des internautes utilisent Internet Explorer (40% des visiteurs sur ce site), je devrais sans doute faire tout ce qui est en mon pouvoir pour appliquer les corrections de code ou, mieux, ne pas utiliser les propriétés ou les fonctionnalités qui posent le plus de problèmes.

C'est la position que j'ai adopté durant la première année de développement de ce site ; c'est aussi celle que j'applique dans un cadre professionnel. Mais ne voulant pas passer plus de temps qu'il n'en faut sur le contenant plutôt que sur le contenu, j'ai décidé de limiter ces bidouilles. Je publie ce site pour le plaisir, pas pour m'encombrer le cerveau en cherchant des moyens d'assurer un affichage sur un outil particulier, ce qui n'aurait qu'une seule conséquence : renforcer un monopole.

3. Pourquoi cette situation ?

Car il faut être clair : si on peut considérer dans de nombreuses activités économiques que le produit qui est le plus diffusé est généralement meilleur que ses concurrents, ce n'est absolument pas le cas pour les navigateurs web.

Le leadership d'Internet Explorer découle d'une situation de monopole détenu par Microsoft dans le domaine des systèmes d'exploitation pour PC. En clair, Internet Explorer est installé par défaut sur tous les systèmes Windows et l'utilisateur ne peut pas le désinstaller. Ajouter à cela une politique agressive et destructrice envers les concurrents et on comprend vite comment une telle situation à pu se mettre en place.

4. Respecter l'orthographe du web

Cet avantage marketing est problématique parce qu'Internet Explorer est en premier lieu un navigateur obsolète et dépassé. Je ne reprendrais que l'exemple de la mauvaise gestion des CSS : les propriétés des feuilles de styles en cascade de niveau 2 sont fixées depuis 1998, avec une mise à jour en 2003. Cela fait donc plusieurs années que ces recommandations sont utilisables, mais que Microsoft n'en tient pas compte.

Moi, en tant que webmestre de ce site, j'estime devoir prendre en compte ces règles d'écriture et de développement web établies par ceux dont c'est la fonction, le W3C, tout comme on tient compte des règles d'orthographe et de grammaire quand on souhaite écrire français.

Ces règles ont un but très simple : établir des « spécifications » ou « recommandations » (1) qui puissent être utilisables par tous de la même manière et (2) qui soient indépendantes du matériel utilisé.

Alors, et pour garder la métaphore linguistique, on peut faire des fautes d'orthographe (et je suis bien placé pour le savoir) ou se tromper dans la conjugaison d'un verbe, mais il faut respecter un tant soit peu la syntaxe et la grammaire française si l'on souhaite s'exprimer et se faire comprendre.

Et bien c'est pareil pour le web. Donc, quand je dis « qu'internet Explorer est un navigateur obsolète » (l'expression n'est pas de moi), c'est tout simplement pour signifier qu'effectivement, il ne respecte pas complètement la « grammaire » et « l'orthographe » web destinés à harmoniser les documents internet autour de règles communes.

5. La loi du plus grand nombre ou la même loi pour tous ?

On pourrait rétorquer que « la majorité fait loi » : prendre en compte le fait que 67% des internautes utilisent Internet Explorer reviendrait donc à développer un site web qui soit d'abord compatible avec ce navigateur, puis éventuellement avec les recommandations du W3C.

Ce n'est pas impossible sauf que mes priorités sont inverses, comme je l'ai expliqué plus haut. D'autre part, l'argument qui consiste à dire qu'il faut s'adapter à l'outil majoritairement utilisé - une utilisation imposée et pas choisie -, sans tenir compte d'autres facteurs, n'est pas recevable et peut même s'avérer dés plus dangereux. Pour comprendre ce second aspect de ma position à l'égard du navigateur de Microsoft, élaborons un scénario fictif.

Imaginons que le constructeur Trucmuche représente, par les contingences de l'histoire, 75% du parc automobile de ce pays. Et imaginons que, pour faciliter le déplacement de ces voitures, qui utilisent des pneus au secret de fabrication bien gardé mais qui ne sont pas forcément plus performants que les autres, il faille modifier la composition de l'asphalte qui recouvre routes et autoroutes. La DDE de chaque département français devrait-elle dés lors se plier aux « exigences » techniques particulières de Trucmuche simplement parce qu'il domine le marché de l'automobile ? Et alors que les autres constructeurs, aux parts de marché certes moins importantes à un moment T, construisent des voitures aux pneus standardisés, standards établis en coordination avec les responsables de l'entretien des routes ?!

La métaphore, comme toute métaphore, à ses imperfections et ses limites mais elle exprime, je l'espère, un point important : internet n'est pas un espace propriété d'une entreprise et de son navigateur. Et c'est pour cela que le W3C existe : promouvoir des formats de publications que toutes et tous pourront consulter, quelque soit la manière et le moyen de se connecter sur la toile mondiale.

6. N'inversons pas les données du débat

Alors ne retournons pas le problème : si ce site s'affiche moins bien avec Internet Explorer qu'avec d'autres navigateurs, ce n'est pas à moi de l'adapter mais à Internet Explorer d'utiliser des « pneus standardisés » ! L'équipe de développement du navigateur, fraîchement reconstituée, est d'ailleurs pleinement consciente des retards pris dans l'évolution de leur logiciel.

Il ne s'agit donc pas d'un choix dans le sens du « je préfère Firefox ou Opera à Internet Explorer, donc mon site sera fait pour ces navigateurs ». Quand je prend le volant, je respecte le code de la route ; quand j'écris, je respecte (ou du moins j'essaye) l'orthographe et la grammaire de la langue française. Sur le web, ce respect se traduit - entre autre - par l'utilisation de technologies de publication destinées à établir un langage universel commun.

Enfin, même si l'affichage avec Internet Explorer n'est pas parfait, le contenu du site est parfaitement consultable avec ce navigateur. Simplement, il s'affichera mieux avec des navigateurs qui respectent le « code de la route du web ».

7. Pour élargir le débat

DENIS, Laurent. Ce site s'affiche mieux dans un navigateur conforme aux standards, voici pourquoi. OpenWeb,

FEATHERSTONE, D.. Browser Elitism. Box of chocolates,

FEATHERSTONE, D.. Browser Elitism part 2. Box of chocolates, . Une position différente de la mienne : Featherstone considère que c'est au webmaster de fournir l'effort d'implémentation (via javascript) pour que les utilisateurs d'internet Explorer aient accès aux fonctionnalités CSS « avancées » (qui ont tout de même plus de deux ans).

NIBAU, Rui. Des styles en fonction du navigateur. Omacronides,